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MÉLODY MOTA

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« Les batteries sont composées de métaux rares » « Les mineurs qui extraient le cobalt travaillent dans des conditions dangereuses et sont souvent des enfants » « L’extraction du Lithium nécessite l’utilisation massive de produits chimiques » Si vous ne le pensez pas, vous l’avez forcément déjà lu ou entendu. Mais comment distinguer le vrai du faux ? Comment se forger une opinion quand les médias se contredisent en permanence ? Décortiquons ces sujets ensemble dans cette série d’articles sur les idées reçus…

Idée reçue n°1
Les véhicules électriques contiennent des terres rares

TERRES RARES ET VÉHICULES ÉLECTRIQUES

Les motorisations des véhicules électriques sont composées d’une batterie au lithium, et d’un moteur électrique.
Du point de vue scientifique, on parle de terres rares (et non métaux rares) pour ces métaux à l’extraction extrêmement polluante, qu’on évoque souvent. Ce nom terres rares n’indique pas – contrairement à ce qu’on pourrait penser – une faible présence sur Terre – bien au contraire – mais simplement une classification dans le tableau périodique des éléments chimiques de Mendeleïev : la ligne des terres rares correspond aux numéros atomiques 57 à 71. Lorsqu’on regarde de plus près : dans la plupart des moteurs de voitures électriques on retrouve le néodyme qui est effectivement une terre rare, mais ce n’est pas le cas du lithium, ni du cobalt qui composent les batteries.

LE MOTEUR ÉLECTRIQUE

Il y a trois types de moteurs électriques possible, tous fait d’un stator – constitué de bobines de fils électriques en cuivre – et d’un rotor.
Le moteur à induction – présent dans les Tesla de première génération – et le moteur synchrone à rotor bobinés – utilisé dans la Renault Zoé qui est le modèle de véhicule électrique le plus vendu en 2020, ou encore la Smart Electric Drive – ne comprennent pas de terres rares ! Seuls les moteurs synchrones à aimants permanent – c’est le cas de la BMW i3 ou de la Volkswagen e-Golf – contiennent des terres rares (néodyme, dysprosium et praséodyme qui jouent le rôle d’aimant) à hauteur d’environ 2 kg par moteur.

LA BATTERIE ÉLECTRIQUE

La batterie électrique, quant à elle, est composée de métaux : aluminium, cuivre, manganèse, nickel, cobalt – qui représente 1-2% de la cellule – et 4% de lithium.
Surprise : aucun de ces métaux – pourtant très controversés – ne sont des terres rares ! Leurs extractions ne sont pas pour autant sans impact sur l’environnement, ce qui fera l’objet des prochains articles Idées reçues.

POURQUOI CES FAKE NEWS SONT AUTANT RÉPANDUES ?

On se demande toujours ce qu’il y a dans une voiture électrique, mais rarement ce qu’il y a dans une voiture thermique… pourtant, des analyses faites par le HES-SO Valais révèlent que parmi l’aluminium, l’acier et le plastique qui la composent, il y a aussi des terres rares dans le moteur thermique : du cérium dans le catalyseur.
Alors pourquoi dire que la voiture électrique pollue plus que la voiture thermique à cause des terres rares ? Le Huffington Post a révélé dans une étude le rôle et l’impact des lobbies pétroliers et notamment de Fueling US dans la médiatisation de la voiture électrique. On retrouve ce lobbying chez certains constructeurs automobiles, notamment avec la fausse étude financée entre autres par Aston Martin, Honda et McLaren, qui noircissait l’empreinte écologique des véhicules électriques, et s’est révélée être montée de toutes pièces.

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