MÉLODY MOTA

NEUTRALITÉ CARBONE
DES TRANSPORT,
UTOPIE RÉALISTE ?  

QU'EST-CE QUE L'EMPREINTE CARBONE ?

En 2017, d’après le CGDD, l’empreinte carbone moyenne d’un français était de 10,8 Tonnes d’équivalent CO2 (TeqCO2) par an. Pour atteindre la neutralité carbone, elle devrait être de 2 TeqCO2 par personne. C’est du chinois pour vous ? Bon, reprenons depuis le début.

L’empreinte carbone, indicateur phare du réchauffement climatique, représente la quantité de Gaz à Effet de Serre (GES) émise par la consommation de matières premières ou d’énergie par une population, un procédé ou une organisation. Ces GES sont induits par la demande finale intérieure d’un pays que les biens ou services soient produits sur le territoire national ou importés (source INSEE).

Cette empreinte permet de mesurer les pressions sur le climat quelle que soit l’origine des émissions.

En effet, le phénomène de réchauffement climatique est dû à un déséquilibre entre les émissions de GES dans l’atmosphère et ses absorptions : les combustions de carburants, procès industriels, déforestation et artificialisation des sols, sont prépondérants par rapport aux puits de carbone naturels – comme les forêts ou les sols – ou technologiques, qui permettent le captage et le stockage du C02.

COMMENT ATTEINDRE LA NEUTRALITÉ CARBONE ?

Lors de la COP 21, en 2015, la France, s’est engagée, à travers la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, c’est-à-dire qu’il y ait autant de GES émis que captés ; et donc à limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’époque préindustrielle. Cela revient à diviser les émissions actuelles par 6. Dans cet objectif, les prochains budgets carbones ont été révisés et restreints en mars 2020 avec la SNBC-2.

Côté réglementation, cela se renforce également notamment avec la loi d’orientation des mobilités, promulguée en décembre 2019, la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire, promulguée en février 2020, ou la mise en place d’une « composante carbone » dès 2014 dans les taxes portant sur la consommation d’énergies fossiles.

D’après l’étude Faire sa part de Carbone 4, les efforts individuels – acheter d’occasion, consommer local, moins prendre l’avion, passer à des mobilités douces etc – peuvent permettre ¼ de réduction des émissions totales. Bien que pour les ¾ restants, c’est du côté des actions collectives – avec la décarbonation de l’industrie, de l’agriculture, des transports etc – que le levier de réduction est le plus important.

QU'EN EST-IL DU SECTEUR DES TRANSPORTS ?

Responsable, à lui seul, d’un tiers des émissions de GES en France chaque année, le secteur des transports est la première source d’émissions, parmi lesquels 80% proviennent du transport routier (source ADEME).

Du point de vue individuel, agir sur ses moyens de transports peut permettre de réduire jusqu’à de 2 TeqCO2 son empreinte carbone, dont 0,8 TeqCO2 grâce au passage à un véhicule bas carbone comme le véhicule électrique. Les actions individuelles sont donc un levier indispensable dans cette transition énergétique, car nous sommes les seuls à pouvoir les actionner, et elles ont un impact crucial sur la diminution de l’empreinte carbone.

Pourtant, elles restent insuffisantes car c’est dans l’action collective que le changement radical aura lieu. Les entreprises et l’État ont une responsabilité indéniable sur la réduction de l’empreinte carbone individuelle des Français, en particulier via le levier du secteur des transport : viser la fin des ventes des voitures thermiques d’ici 2040, tripler la part du vélo d’ici 2024, instauration d’un forfait mobilité durable…

Avec ces deux conditions remplies, la décarbonation du secteur des transports pourrait bien devenir réalité.

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