MÉLODY MOTA

POLLUTION DE L 'AIR : IL EST TEMPS DE RÉAGIR

POLLUTION DE L’AIR : TROP TARD POUR L’IGNORER

   Bien que la pollution de l’air existe depuis l’antiquité – Sénèque déplorait la qualité de l’air de Rome, la combustion du charbon à Londres dès le 12ième siècle ne l’a pas améliorée. Mais c’est avec la Révolution Industrielle que la pollution s’est brutalement accentuée, notamment à cause des combustions fossiles nécessaires pour assouvir les besoins énergétiques exponentiels. Pourtant, les dangers qu’elle représente n’ont été compris qu’au milieu du 20ième siècle.

LES CAUSES DE LA POLLUTION DE L’AIR

   Aujourd’hui, la pollution de l’air (extérieur comme intérieur) se caractérise par la quantité de gaz et particules néfastes à la santé et l’environnement présents dans l’air. Ces polluants sont issus des activités humaines – industrie, agriculture, transports et combustions diverses – mais aussi de phénomènes naturels – feux de forêt, embruns marins, pollens. En réagissant chimiquement dans l’atmosphère, ces polluants peuvent générer de nouveaux constituants encore plus toxiques.

   La qualité de l’air dépend donc de l’endroit où l’on se situe et de la météo, et même si le secteur des transports n’est pas le seul contributeur, il y joue un rôle majeur.

MIEUX COMPRENDRE L’AMPLEUR DE LA SITUATION

   Depuis 2000, un dispositif est en place sur le territoire afin de suivre l’évolution de la qualité de l’air et notamment des polluants majeurs : les oxydes d’azote, le monoxyde de carbone, les particules fines et l’ozone. Malgré une amélioration globale de la qualité de l’air, 500 villes de France dépassent encore le seuil de protection de la santé recommandé par l’OMS. Quant à Paris, dernier de la classe, c’est la ville la plus polluée de France, avec une pollution 2 fois supérieure au seuil de l’OMS. Le coupable ? le trafic routier, qui est le premier responsable de la pollution en agglomération.

L’IMPACT DRAMATIQUE DE LA POLLUTION DE L’AIR : SANTE, ENVIRONNEMENT, ECONOMIE

   La qualité de l’air a un réel impact sur notre bien-être et est un enjeu majeur pour les villes. En effet, la pollution de l’air parisien est similaire à du tabagisme passif, et passer une journée à Pékin équivaut à fumer 24 cigarettes. Que ce soit à cause des particules fines (principalement issues des transports, ce sont les plus nombreuses et nocives) ou des émissions dues aux combustions (gaz, fioul, carburant…), les risques sont considérables : altération de la respiration, troubles cardio-vasculaires, manque d’oxygénation du cerveau, aggravation de maladies chroniques…

   En France, la pollution, avérée cancérogène, est la troisième cause de mortalité (48 000 décès prématurés par an) après le tabac et l’alcool et génère un coût sanitaire annuel de 100 milliards d’euros.

   Et en regardant autour de nous, l’acidification des eaux et des sols, le dépérissement des forêts et la réduction de la biodiversité témoignent de l’impact sur la nature. A une échelle plus large, la dégradation de la couche d’ozone, l’augmentation de l’effet de serre et du changement climatique sont les répercussions de ces dysfonctionnements sur notre planète.

LES CLES POUR ASSAINIR L’AIR EN VILLE

Alors comment assainir l’air que nous respirons ? L’urbanisme endosse un rôle important dans la purification de l’air avec la végétalisation des villes. Mais étant le secteur le plus polluant, c’est bien dans les transports que la révolution est à mener afin de réduire les émissions. Des vignettes Crit’Air sur les véhicules Parisiens, au péage urbain de Londres, les plus grandes villes mondiales visent un avenir sans véhicules à essence. A l’échelle individuelle, passer à des mobilités douces devient primordial : vélo, marche, solutions électriques et retrofit de vos véhicules. Alors qu’en Chine la plupart des 2 roues sont déjà électriques (avec 200 millions en circulation), l’électricité décarbonée française ne peut que nous encourager à aller dans cette direction.

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